Photos par Daphne Caron

David Lafrance détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia à Montréal (2001) où il poursuit présentement une maîtrise en art visuel. Sa pratique artistique révèle des représentations mythiques du monde, dans lesquelles notre perception des objets, de l’espace et du temps sont remises en question. Lafrance cherche à comprendre les interactions qui peuvent éventuellement se produire entre les humains et leur environnement. Il crée des œuvres antagonistes où le romantisme du paysage est teinté d'une sphère d'éléments visuels évocateurs. Il est représenté par la Galerie Hugues Charbonneau et son atelier est situé en périphérie de Montréal à St-Mathias-sur-Richelieu.

***


Comment la nature t'inspire-t-elle ? Comment l’agriculture à petite échelle inspire ta pratique ?

N: La nature offre pratiquement tout ce dont le peintre a besoin, des couleurs, des textures et des formes. La nature nous offre aussi des histoires, une temporalité et la démonstration d’un complexe cycle de vie qui va de la naissance vers la croissance pour culminer vers la mort et la décomposition. Ces étapes peuvent inspirer la peinture qui fait naître des formes et un sujet sur la toile.

Qu’est-ce qui t’a inspiré pour créer l'œuvre en couverture du magazine ?

N: C’est en aménageant un nouvel atelier à St-Mathias-sur-Richelieu, que le plus récent corpus d’œuvres a pris naissance. Il devenait impératif de traduire en peinture tout le vécu et l’observation des lieux m’entourant, surtout le jardin. Ces connexions permettent à mes peintures de raconter une histoire enracinée dans la réalité et sont le résultat de nombreuses expériences vécues. J’avais en tête des jardins habités par beaucoup de diversité et d’abondance, et mes paysages ont beaucoup à raconter, sur leur provenance et leur destin.


Quelles sont les valeurs qui dirigent ton processus ?

A: C’est très cliché à dire, mais une des valeurs qui m’importe le plus est la liberté. La liberté de créer, la liberté d’avoir des idées, de construire l’œuvre comme de la détruire. C’est beaucoup plus difficile qu’on peut le penser, c’est une très grande responsabilité que celle d’être libre en art : de rester indé- pendant en rapport aux commentaires des autres et de ne pas répéter systématique- ment les solutions qui fonctionnent, par facilité ou par paresse. Chaque session de peinture en atelier peut révéler des aspects totalement nouveaux de sa pratique. Il faut être ouvert d’esprit et embrasser le risque, l’audace se ressent dans une œuvre, elle infuse une vie propre à l’image.

***

*Adapté pour en ligne, vous pouvez lire l'article au complet dans le deuxième numéro du Magazine Growers & Co.